Les IA vont-elles nous rendre stupides ?

À force de déléguer nos choix, nos raisonnements et nos écrits à l’intelligence artificielle, sommes-nous en train d’éteindre doucement notre esprit critique ? Entre études alarmantes et fantasmes technophobes, on fait le tri pour comprendre si l’IA nous rend vraiment plus bêtes — ou simplement différents.

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Les IA vont-elles nous rendre stupides ?

Une peur très humaine face à une techno trop performante

« Les IA vont-elles nous rendre stupides ? »

La question a tout du réflexe pavlovien face à chaque grande révolution technologique. L’écriture affaiblissait la mémoire, la calculatrice tuait le calcul mental, Google rendait inutile la connaissance brute… et aujourd’hui, les agents conversationnels menaceraient directement notre capacité à penser.

C’est précisément ce que questionne le premier épisode du :contentReference[oaicite:0]{index=0}, dans une série spéciale consacrée aux grandes prédictions autour de l’intelligence artificielle, lancée à l’occasion du Sommet de l’IA 2025 en Inde.

Mais cette fois, la crainte ne vient pas seulement de philosophes ou de technophobes. Elle s’appuie aussi sur des données.


Une étude qui fait très mal au cerveau

En février 2025, des chercheurs de :contentReference[oaicite:1]{index=1} et de :contentReference[oaicite:2]{index=2} publient une étude au constat troublant :

plus l’usage de l’IA est intensif, plus la capacité à résoudre des problèmes de manière indépendante diminue.

Le problème n’est pas l’outil en lui-même, mais l’automatisation cognitive qu’il induit :

  • on réfléchit moins avant d’écrire
  • on accepte plus facilement une réponse « plausible »
  • on vérifie moins
  • on délègue le doute

Autrement dit, ce n’est pas l’IA qui nous rend idiots, c’est l’usage paresseux qu’on en fait.


L’illusion du cerveau augmenté

Sur le papier, l’IA promet un cerveau assisté, plus rapide, plus efficace, plus informé.

Dans la pratique, elle crée souvent un effet GPS cognitif : tant que l’outil fonctionne, tout va bien. Mais dès qu’il disparaît, on est perdu.

Le danger pointé par les chercheur·ses n’est pas la perte de connaissances, mais la perte de :

  • raisonnement critique
  • capacité à formuler un problème
  • autonomie intellectuelle

Un cerveau qui ne s’entraîne plus… régresse. Comme un muscle.


Idiocratie ou simple transition ?

Faut-il pour autant parler d’« apocalypse cognitive » ?

Pas si vite.

Dans le podcast, Mathilde Simon et Élisa Thévenet rappellent un point essentiel : chaque technologie modifie notre manière de penser, sans nécessairement l’appauvrir.

L’imprimerie n’a pas rendu les humains stupides.

Internet n’a pas détruit l’intelligence.

L’IA pourrait, elle aussi, déplacer la valeur :

  • moins dans l’exécution
  • plus dans la formulation
  • moins dans la réponse
  • plus dans la question

À condition d’apprendre à l’utiliser activement, et non passivement.


Le vrai risque : devenir un simple valideur

Le scénario le plus crédible n’est pas celui de l’humain idiot, mais celui de l’humain qui ne fait que valider :

  • des textes qu’il n’a pas vraiment pensés
  • des décisions qu’il n’a pas vraiment comprises
  • des raisonnements qu’il n’a pas vraiment suivis

C’est là que l’esprit critique s’étiole : non pas quand on utilise l’IA, mais quand on cesse de dialoguer avec elle.


Penser avec l’IA, pas à sa place

La question n’est donc pas :

« L’IA nous rend-elle stupides ? »

Mais plutôt :

« Est-ce qu’on lui abandonne le volant ou est-ce qu’on s’en sert comme copilote ? »

L’avenir cognitif ne se joue pas dans les modèles, mais dans les usages. Et ça, personne ne peut le coder à notre place.

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